Amour Apocalypse - 05 août 2025
Amour Apocalypse...Une fresque humaine entre lumière, chaos, amour et éclats de rire
Présenté en avant-première au Clap de Québec, Amour Apocalypse est un drame poignant qui nous entraîne dans les méandres d’un amour en ruine, d’un homme en chute libre qui tombe en amour avec une voix et d’un monde intérieur en conflit. Patrick Hivon livre ici une performance bouleversante dans le rôle d’Adam, un homme complexe et intense, constamment en lutte contre lui-même et les autres.
Le film repose sur des émotions brutes, et Hivon réussit à les transmettre avec une justesse remarquable. Chaque regard et chaque silence deviennent porteur de sens.
Certaines scènes marquent notamment celle dans le bain où Tina (interprétée par Piper Perabo) rince les cheveux de son mari, un geste à la fois tendre mais douloureux.
Une autre scène inoubliable survient lorsqu’Adam est pris dans les bras de son père, joué par un Gilles Renaud tout en retenue et en puissance.
Mais Amour Apocalypse, c’est aussi des moments de légèreté inattendus. À plusieurs reprises, des scènes surprenantes ont provoqué des éclats de rire spontanés dans la salle. Entre autres celle de Romy, interprétée par Elizabeth Mageten.
L’humour, parfois subtil, parfois grinçant, agit comme un contrepoids aux tensions émotionnelles du film. On rit, on est surpris… et ça fait du bien.
La sensualité est également au cœur du récit, avec une scène forte entre Adam et Tina, filmée avec beaucoup de pudeur et d’intensité. Le désir y devient un langage, un refuge, mais aussi un champ de tension.
Chacunes des relations d'Adam deviennent un nouveau nœud d’émotions contradictoires. Elles sont à la fois électriques et fragiles.
La trame sonore, choisie avec soin, soutient parfaitement le ton du film. Chaque morceau semble faire écho à l’état émotionnel des personnages, accentuant l’atmosphère souvent lourde, mais toujours humaine.
Mais ce qui rend le film d’Anne Émond encore plus percutant, c’est la toile de fond sur laquelle il s’inscrit, la crise climatique. C’est un sujet qu’on préfère souvent éviter. Un malaise collectif qu’on balaie du revers de la main. Et pourtant, il devient ici un décor omniprésent, pesant, mais discret.
Le film pose une question troublante, comment continuer à aimer, à espérer, à désirer… quand tout autour de nous semble sur le point de s’effondrer?
Bref, Amour Apocalypse n’est pas un film qui se regarde distraitement, il se vit, il s’imprègne, il nous heurte par moments, nous surprend souvent, et nous laisse surtout avec des questions sur l’amour, la perte, la loyauté… et sur les traces que laissent ceux qu’on aime, même quand tout s’écroule.
C’est une proposition audacieuse, originale, qui divisera sans doute le public… mais qui a le mérite de faire réfléchir, sourire et parfois même… sursauter.
J'ai beaucoup aimé car au cœur même de l’Apocalypse, une chose demeure, l’amour finit toujours par gagner.
En salle dès le 8 août
Lyne LaRoche