Phénix - 19 août 2025

 

Phénix 

Présenté hier soir en avant-première au Clap en présence des acteurs principaux,  Phénix de Jonathan Beaulieu-Cyr plonge le spectateur au cœur d’un drame humain à la fois sensible et lumineux, directement inspiré de l’histoire familiale du cinéaste.

L’action se déroule au milieu des années 2000. Joël Girard, soldat charismatique et aimé de tous, se prépare à être déployé en Afghanistan. Sa femme Michelle et son fils Jacob doivent apprendre à composer avec cette absence qui menace de bouleverser leur quotidien. Conscient de s’éloigner de son fils, Joël décide de tendre un pont inattendu : devenir entraîneur de l’équipe de soccer locale, les Phénix. Une équipe qui n’a jamais gagné et qui se dit elle-même « pas bonne ». Joël convainc alors Jacob de chausser les crampons, espérant se rapprocher de lui à travers cette aventure père-fils.

Trois grandes questions traversent le film et tiennent le spectateur en haleine :

Joël réussira-t-il à renouer avec son fils?

Les Phénix connaîtront-ils enfin la victoire?

Et surtout, le soldat partira-t-il en mission… et reviendra-t-il indemne?

Au-delà du récit sportif et familial, Phénix prend racine dans une histoire profondément personnelle. Jonathan Beaulieu-Cyr, fils de militaire, a puisé dans son vécu pour offrir une œuvre empreinte de sincérité et d’émotion.

À noter que la production a eu l’autorisation exceptionnelle de tourner dans les habitations militaires de la base de Valcartier, à Shannon, ce qui ajoute une authenticité particulière au récit.

Le film amène une réflexion importante : ces missions ont eu des impacts profonds sur les familles de militaires. Plusieurs soldats reviennent marqués par des chocs post-traumatiques. Derrière l’uniforme et les sourires, il y a souvent des blessures invisibles, que ce film nous invite à regarder en face.

Côté interprétation, la distribution est remarquable :

Évelyne Brochu incarne avec justesse une femme et une mère remplie d’amour et de tendresse, mais aussi de force et de courage. Sa grande intelligence émotionnelle transparaît à chaque scène.

Aksel Leblanc (Jacob) perce l’écran avec son intensité et son regard habité.

Maxime Genois, bouleversant, transmet à merveille le dilemme intérieur de son personnage, déchiré entre rester et partir. On s’attache immédiatement à lui.

En somme, Phénix c'est un film québécois touchant, rempli d’émotion, qui parle de famille, de résilience et de ces liens qui nous gardent debout malgré l’incertitude

En salle dès le 22 août

Lyne LaRoche