Entrevue Gill Poitras - 16 septembre 2026

Une belle jasette avec Gill Poitras — Le Projet Cabrel
Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec Gill Poitras afin de parler du nouveau spectacle de Gill & Gang, intitulé Le Projet Cabrel, une aventure musicale qui rend hommage à Francis Cabrel.
Gill, tu as fait beaucoup de choses dans ta carrière, notamment Karma Kameleons, le Moondance Orchestra, The Singing Pianos et plusieurs autres projets. Mais aujourd’hui, on parle du Projet Cabrel.
Dis-moi pourquoi Francis Cabrel? Qu’est-ce qui t’a donné le goût de partir ce projet-là?
J’ai des amis qui m’ont demandé de faire la programmation à la salle Le Clocher de Saint-Joseph-de-la-Rive.
J’ai programmé le spectacle Ravel chante Dubois. Quand j’ai assisté au spectacle et que j’ai vu les gens réagir, chanter et avoir du fun, je me suis dit : « Wow! »
Sur le chemin du retour, j’étais avec ma blonde et je me suis demandé : « Si j’avais à faire un spectacle comme ça, moi, je ferais quoi? »
Ça a pris trois secondes avant que je dise : Francis Cabrel!
J’ai appris la guitare avec Francis. Je suis parti de chez mes parents avec la guitare de mon père et une cassette de Francis Cabrel.
Quand je suis arrivé en appartement, je n’avais pas grand-chose à faire à part gratter la guitare! J’ai usé la cassette à la corde. C’est certain que Cabrel est dans mon ADN depuis très longtemps.
J’ai travaillé en Guadeloupe pendant des années et je jouais tellement de Cabrel là-bas que des Antillais m’appelaient Petite Marie car je commençais toujours mon show avec cette chanson. C’était devenu une espèce de running gag.
Tu te souviens de la première chanson de Cabrel que tu as jouée à la guitare?
Je pense que c’est Je l’aime à mourir. Pour être bien franc, c’est pas mal elle qui m’a donné la piqûre de connaître Francis.
Pour ce nouveau projet, tu savais déjà avec quels musiciens tu voulais travailler?
Oui, je voulais rapatrier des musiciens avec qui j’avais travaillé.
J’ai donc demandé à Simon Proulx, qui a été mon premier guitariste quand j’étais à Québec. Simon est arrangeur et excellent guitariste. Il est parti vivre à Montréal avec sa femme et il a joué avec plusieurs artistes. J’ai aussi retrouvé Claude Drouin, mon bassiste et encore aujourd’hui un de mes meilleurs amis à Québec.
Avant, on était vraiment un trio. Alors avec ce projet-là, ça me permettait de retravailler avec ces deux gars-là.
J’ai aussi ajouté deux excellents musiciens : Tony Cassita aux percussions et Grégoire Painchaud au violon et à la mandoline. Ça fait toute une équipe!
Vous avez l’air d’avoir du plaisir ensemble!
Oui! Et c’est important. Tout le monde s’entend bien. On revisite les chansons de Francis Cabrel à notre façon. Ces gars-là sont tellement talentueux. Ils savent mettre leur couleur sans dénaturer les chansons.
Comme le répertoire de Cabrel est grand, as-tu eu de la misère à choisir les chansons?
Cabrel a plusieurs palettes. Il a fait de super belles chansons d’amour, mais aussi des chansons à texte plus engagées.
Nous, on a décidé de rester davantage dans la chanson d’amour. Il y en a quand même quelques-unes qui sont engagées, dont Ma place dans le trafic, mais on est surtout allé vers les chansons d’amour. Quand j’ai commencé à préparer le spectacle, j’ai même fait un post sur Facebook pour demander aux gens quelles chansons je devrais mettre dans le spectacle. Il y en a plusieurs qui sont ressorties, mais une m’a particulièrement accroché : Si tu la croises un jour.
Je me suis dit : « Ben oui! C’est tellement beau cette chanson-là! » Elle ne faisait même pas partie des 25 chansons qu’on avait choisies au départ. Alors je l’ai ajoutée. Comme quoi, faut écouter le public!
Est-ce que sur scène vous êtes tranquilles comme Cabrel ou vous apportez un peu de fun?
Ça a l’air de rien comme ça, mais Francis a plusieurs chansons qui bougent! Il y en a deux ou trois qu’on a volontairement amenées un peu plus loin dans le rythme.
Sur scène, je n’essaie pas d’être drôle, mais je parle un peu parce qu’on a des anecdotes à raconter sur Cabrel et sur nous autres. Ça crée une belle communion avec les gens.
Je veux que ce soit un spectacle très intime, où je suis en communication avec le public. Mais il faut laisser la place aux chansons parce qu’elles vivent d’elles-mêmes.
Vous avez fait votre première prestation le 22 août. Comment ça s’est passé?
Le public a vraiment bien répondu. Les spectateurs chantaient, ils étaient contents… et nous autres aussi! Il faut dire que les textes sont beaux et les chansons rejoignent vraiment les gens.
J’ai une petite question piège pour toi
Gill, imagine que le 26 septembre, au Palais Montcalm, Francis Cabrel débarque en coulisses et te dit : « Gill, j’aimerais ça chanter une chanson avec toi. »
Laquelle tu choisis?
Je pense que ce serait La cabane du pêcheur. J’aime beaucoup cette chanson-là. Ce n’est pas une ballade, ça bouge un peu.
Bon… après t’avoir demandé de chanter avec lui, est-ce que tu serais capable de rester calme?
Sincèrement, je ne le sais pas! Mais peut-être que je lui demanderais : « Et toi, Francis, laquelle t’aimerais chanter? »
Y a-t-il des chansons que tu as aimées particulièrement intégrer au spectacle?
J’te dirais C'est écrit et Animal. On fait vraiment de belles versions de ces chansons-là avec le violon. On les amène totalement ailleurs.
Je gage qu’il va y avoir quelques surprises?
Ah ben oui, c’est certain!!
Tu as fait énormément de projets au fil des années. Après toutes ces années-là, as-tu encore le goût de t’embarquer dans de nouvelles affaires?
Quand quelque chose comme Le Projet Cabrel m’allume, oui! Durant mon parcours, j’ai été appelé à faire plusieurs créations dans l’univers corporatif depuis une trentaine d’années. J’ai donc eu moins de spectacles grand public. Mon idée avec Le Projet Cabrel, c’est de pouvoir commencer à faire davantage de spectacles en salle. Pour moi, c’est un nouvel univers.
Donc le feu est encore là?
Ah oui! Je suis un gars très sanguin. Quand quelque chose m’allume, j’embarque!
J’ai appris quelque chose qui m’a fait sourire : tu joues maintenant avec tes filles!
Oui! Mes jumelles ont 23 ans, Raphaëlle et Chloé. Elles ont commencé à s’intéresser à la musique et elles aiment aussi beaucoup voyager.
Comme papa joue beaucoup dans les Clubs Med, elles m’ont dit : « Nous autres aussi, on aimerait ça partir en voyage avec vous! »
Alors je leur ai dit : « Ben, faudrait que vous vous mettiez à la musique! »
Finalement, elles se sont mises toutes les deux à la musique. Une joue du ukulélé, l’autre joue de la guitare et elles font les voix.
Pour un musicien, ça doit être l’apothéose de pouvoir transmettre ta passion à tes filles?
Je trippe! Et leur mère aussi. On part en famille, en voyage… c’est vraiment le fun! Quelle fierté!
Est-ce que tu as un projet complètement fou dans ta tête que tu aimerais réaliser et que tu n’as pas encore fait?
C’est sûr que pour un artiste, le summum, c’est d’être reconnu pour ses créations. Sans dire que c’est complètement fou, j’aimerais devenir connu pour une de mes chansons.
Ça serait comme… là, j’aurais atteint le but ultime.
Mais en même temps, je suis très heureux dans ce que je vis et dans ce que je fais.
J’ai la chance de jouer avec mes amis musiciens, avec mes filles. Je suis très heureux là-dedans.
J’ai encore de belles années devant moi.
Aussi, c’est certain que j’aimerais aller faire Le Projet Cabrel en France.
Un jour, je vais peut-être décider de faire une création, une chanson, et me propulser davantage comme auteur-compositeur.
Tu as touché énormément de monde avec Karma Kameleons.
Oui. Avec Karma Kameleons, j’ai eu la chance de toucher beaucoup de monde avec des tounes sur lesquelles les gens ont dansé.
Des chansons sur lesquelles certains ont même frenché leur première blonde!
Juste en entendant la chanson, ils sont capables de se rappeler plein de souvenirs.
C’est pour ça que Karma Kameleons roule encore et a encore un impact.
Avec ce show-là, faut pas toucher à rien!
Les gens sont comme : « Touche pas à mon Karma Kameleons, on l’aime comme ça! »
Si tu revenais à 20 ans, avec ta petite cassette de Cabrel dans les mains… qu’est-ce que tu dirais au Gill de 20 ans?
Sérieusement, j’ai pas beaucoup de regrets dans la vie, mais je lui dirais sûrement :
« Pratique ta guitare! Force-toi! Au pire, prends des cours! »
Parce que ça a pris du temps avant que je devienne un pas pire guitariste.
À 20 ans, je ne savais même pas que je voulais vivre de la musique.
Je pensais plutôt que j’allais devenir businessman.
Je jouais de la guitare, j’écoutais Cabrel et je rêvais peut-être un jour de monter sur scène, mais c’était comme inaccessible pour moi.
J’ai appris beaucoup sur le tas, autant le piano que la guitare.
Gill, je vais te laisser le mot de la fin. Pourquoi les gens devraient venir voir Le Projet Cabrel?
Si t’es le moindrement sensible ou romantique, si t’as le moindrement envie de rire un peu, faudrait que tu viennes voir Le Projet Cabrel.
On n’est pas en train d’imiter Francis. On veut le faire revivre à travers nous.
Et ça va vous transpercer le cœur parce que vous allez reconnaître toutes les chansons et vous allez chanter avec nous autres.
Que dirais-tu si on se donnait rendez-vous d’ici un an, quand tu seras peut-être en direction de la France avec Le Projet Cabrel!
On a un deal!
Le Projet Cabrel sera présenté :
26 septembre 2026 — Palais Montcalm (presque complet)
14 novembre 2026 — L’Anglicane de Lévis
9 avril 2027 — Salle Promutuel Assurance de Montmagny
17 avril 2027 — supplémentaire au Palais Montcalm
Les 4-6 novembre Saint-Pierre-et-Miquelon
Pour plus d'informations :
https://scoloproductions.com/artistes/gill-gang-le-projet-cabrel/
Lyne LaRoche