Entrevue Martin Levac - 25 septembre 2026

Martin Levac : quand une fin devient un nouveau chapitre
La dernière fois que j’ai parlé à Martin Levac, c’était en novembre 2019. On parlait alors de la fin de Dance Into The Light.
Et voilà qu’en novembre 2026, on se reparle à nouveau… à la fin de Phil Collins & Genesis ...Live
Faut croire qu’on se parle à toutes les fins, nous autres!
Une passion née à l’adolescence
Quand on lui demande ce qui l’a amené vers Phil Collins et Genesis, la réponse est assez simple : un véritable coup de foudre.
Au début, il était fan de Michael Jackson et des Rolling Stones. Puis, vers l’âge de 15 ans, il découvre Phil Collins et Genesis… et là, c’est le déclic.
Il devient complètement fasciné par cette musique, mais aussi par cet artiste qu’il décrit comme un « anti-star ».
Phil Collins, ce n’est pas le gars flamboyant qui cherche toute l’attention. C’est, selon Martin, un peu le voisin d’à côté : un musicien extraordinaire, un virtuose de son instrument, un chanteur exceptionnel.
Et Martin a tellement accroché qu’il a commencé à vouloir être comme lui.
Quarante ans plus tard, on peut dire que le rêve a fait pas mal de chemin!
Martin a rencontré Phil Collins à quatre reprises et la toute première rencontre, il ne risque pas de l’oublier.
Il rêvait de rencontrer Phil Collins dans un grand manoir.
Finalement, il l’a rencontré à Verdun!
Et malgré toute sa nervosité, quelque chose s’est rapidement installé.
Quand Phil Collins lui a serré la main, le stress est tombé.
Martin a découvert un homme simple, terre à terre et profondément humain.
Il me raconte même que le père de Phil Collins était agent d’assurance.
Quatre rencontres plus tard, le souvenir demeure intact.
Et je pense que c’est probablement l’une des choses qui m’a le plus frappée dans notre conversation : malgré les années, malgré les spectacles et malgré tout ce qu’il a accompli, Martin parle encore de Phil Collins avec les yeux de l’adolescent de 15 ans qui avait eu son coup de foudre musical.
Phil Collins, oui… mais Martin Levac aussi!
Martin est aujourd’hui indissociable de Phil Collins mais il faut avouer qu’il est un excellent batteur, musicien, chanteur et personnificateur… il a plusieurs cordes à son arc.
Est-ce que ça pourrait parfois lui jouer des tours, en faisant oublier tout ce qu’il est comme artiste?
Il me répond : pas du tout.
Il assume complètement cette association.
Il me donne d’ailleurs l’exemple de Martin Fontaine, qui est associé à Elvis, tout en étant lui aussi un artiste avec un immense talent.
« À partir du moment où j’ai accepté de faire la musique de Phil Collins et de Genesis je l’ai assumé à 100 %. C’est encore toujours un vrai grand bonheur, un plaisir énorme pour moi. »
Phil Collins & Genesis... Live tire sa révérence… mais pas vraiment
Après avoir roulé pendant plusieurs années, Phil Collins & Genesis... Live prendra une pause au Québec avec les spectacles présentés au Capitole les 20 et 21 novembre prochains
Mais attention : ce n’est pas un véritable adieu.
Le spectacle continuera de vivre en France en 2027.
Martin connaît déjà bien la scène québécoise, mais ses projets l’amènent aussi de l’autre côté de l’Atlantique.
Il a notamment été invité à participer à un spectacle en Italie avec un grand orchestre symphonique.
Et ça, il faut l’entendre en parler!
Les violons, les cuivres, les choristes c’est tellement beau… Pour Martin, la musique de Genesis se prête incroyablement bien à un orchestre.
« On dirait que ça a été composé pour un grand orchestre. »
Et le plus flatteur dans tout ça? C’est le producteur italien lui-même qui l’a contacté parce qu’il voulait que Martin soit celui qui chante.
Pas mal comme invitation!
Quand je lui demande combien de temps il pense passer en Europe, je réalise rapidement que son agenda est plutôt bien rempli.
9 spectacles en Italie en décembre 2026.
Un retour en 2027.
Des spectacles à Québec, notamment au Petit Champlain, à la Chapelle et à l’Anglicane et partout au Québec
Une présence en Italie en juin.
Une tournée en France en décembre 2027.
La première médiatique du nouveau spectacle Phil Collins... One More Night, le 26 août 2027 à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières.
Deux nouveaux spectacles prendront notamment l’affiche au Canada en 2027 : Genesis Répertoire et Phil Collins... One More Night.
Ce dernier sera un peu un Dance Into The Light 2.0, alors que Genesis Répertoire lui permettra d’aller explorer une autre facette de Genesis, notamment les pièces plus « dark ».
Et, au travers de tout ça, Musicographie d’un imposteur, son spectacle intime même titre que son livre qui continue de rouler.
« Musicographie d’un imposteur » : c’est une histoire de vie, un spectacle qui nous amène ailleurs
Entre ses chansons, il raconte son parcours, sa personnification de Phil Collins, ses hauts, ses bas, ses moments drôles et ses moments beaucoup plus difficiles.
Il y a beaucoup de monologues et beaucoup d’autodérision.
Et surtout, il y a une histoire dans laquelle plusieurs peuvent se reconnaître.
Parce que personne n’a une vie parfaite.
Martin parle de ses passages plus difficiles, de dépression, d’idées suicidaires, mais aussi de ce moment où il a décidé d’embrasser ce que la vie lui offrait.
Son message est simple, mais tellement humain : parfois, il faut simplement s’accrocher pendant que la tempête passe.
« Maudit que la vie goûte meilleure après. Et c’est là que je suis aujourd’hui. »
Je trouve cette phrase tellement belle.
Je lui demande ce qu’il aimerait que les gens retiennent de ses deux derniers spectacles au Capitole de Genesis Live.
Martin ne demande pas au public de retenir quelque chose de précis.
Il veut simplement que les gens passent un bon moment.
Et sa façon de parler de la musique est magnifique.
Pour lui, pendant deux heures, les gens peuvent décrocher de leur quotidien, oublier un peu le stress et retrouver la trame sonore de leur vie.
Parce que la musique, c’est puissant.
Une chanson peut nous faire pleurer, nous rappeler quelqu’un, nous ramener 20 ou 30 ans en arrière… ou nous donner envie de faire le party!
Et Martin résume ça avec une expression que j’ai adorée :
« Une fois qu’ils sont dans la salle, ben coudon, on se fait une thérapie de groupe! »
J’aime beaucoup cette image.
Quand je lui demande s’il a l’impression de terminer un chapitre pour en commencer un nouveau, sa réponse me fait sourire.
À 55 ans, il ne pensait jamais faire encore autant de musique. Et surtout, il ne pensait pas avoir autant de projets devant lui.
Il cite Charles Aznavour, Mick Jagger et Ringo Starr, qui ont continué à faire de la musique pendant de nombreuses années.
Son souhait?
La santé.
Et continuer le plus longtemps possible.
Après 40 ans de carrière, Martin Levac semble donc loin d’avoir écrit le dernier chapitre. Il a encore tellement de projets en tête.
Il tourne simplement une page.
Et nous, on aura encore beaucoup de musique à entendre.
En attendant, rendez-vous les 20 et 21 novembre au Capitole de Québec pour les derniers spectacles québécois de Phil Collins & Genesis...Live.
Pour connaître toutes les dates de Martin Levac : martinlevac.com et sa page facebook officielle. On peut également retrouver ses vidéos sur sa chaîne YouTube.
Entre vous et moi, quelque chose me dit que notre prochaine conversation ne sera pas nécessairement dans quatre ou cinq ans…
Parce qu’avec Martin, une fin semble toujours cacher un nouveau départ.
Lyne LaRoche