Entrevue Philippe Laprise - 01 octobre 2026

Philippe Laprise atteint un nouveau sommet : « À 50 ans, je sais davantage ce que je veux »

Pour son cinquième one-man-show, Au sommet, Philippe Laprise célèbre 25 ans de carrière avec un spectacle plus personnel, plus assumé et rempli de surprises. À quelques jours de sa première à Québec, l’humoriste nous ouvre la porte sur son univers, son parcours et cette nouvelle liberté qu’il savoure maintenant qu’il a 50 ans.

J’ai eu le plaisir de le retrouver pour une bonne jasette et visiblement, nous avions beaucoup de choses à nous raconter!

Cinquième one-man-show, 50 ans, 25 ans de carrière et 25 ans avec sa blonde… On s’est donc amusés à constater que le chiffre 5 pourrait bien être son chiffre chanceux, comme notre Céline!

Mais derrière les chiffres se cache surtout un Philippe Laprise qui semble avoir franchi un véritable sommet personnel.

« Ce show-là, c’est comme la fête », me dit Philippe lorsqu’il parle d’Au sommet.

Après des années à travailler à 200 milles à l’heure, il a pris un peu de recul pour regarder tout ce qu’il a accompli.

Pour écrire ce cinquième spectacle, Philippe a adopté une approche assez particulière : il s’est imaginé qu’il s’agissait de son dernier.

« Mais ce n’est pas mon dernier », me dit-il en riant!

« Je me suis demandé qu’est-ce que je veux vraiment dire au monde? De quoi je veux vraiment parler? Quelles sont les affaires que je n’ai jamais faites? C’est quoi que je hais le plus? »

Cette réflexion lui a permis d’aller dans des endroits qu’il n’avait jamais osé explorer auparavant.

« Les gens qui sont habitués de me suivre, qui me connaissent, vont me retrouver, c’est certain. Mais ils vont s’apercevoir que j’ose aller à des places que je n’osais pas pantoute avant. »

À 50 ans, Philippe ose davantage

L’âge apporte aussi une certaine liberté.

Il a longtemps été associé à Vrak la vie, alors qu’il était encore un jeune humoriste. À cette époque, il ne pouvait évidemment pas aborder certains sujets de la même façon.

Aujourd’hui, le public qui le suivait à cette époque a grandi. À 50 ans, Philippe assume davantage ses choix et veut faire ce dont il a envie.

Il raconte d’ailleurs un numéro qu’il introduit sur scène en disant essentiellement au public : « Je ne suis jamais allé là, mais à soir, j’y vais. Bonne chance à tous! »

La première fois qu’il l’a présenté, il était très nerveux. Puis la réaction du public l’a rassuré.

« Je me suis rendu compte que ça passait bien, puis je me suis dit : j’aurais dû faire ça avant! »

Quand les petites frustrations du quotidien deviennent de l’humour

Mais s’il y a une chose que Philippe ne veut surtout pas dévoiler, c’est le dernier numéro du spectacle.

Et celui-là a une histoire particulière.

« Le dernier numéro de ce show-là, c’est un numéro que j’avais écrit en 2016 et que je n’ai jamais fait. Il traînait depuis longtemps. »

Il s’était retenu de le présenter, notamment en  raison de son travail auprès du jeune public. Aujourd’hui, il a décidé de le sortir.

Et ce numéro dure… 30 minutes!

« Je parle d’une frustration que j’ai, qui surprend. Et honnêtement, je pense sérieusement que quand les gens vont se souvenir de moi dans leur vie, ça va être avec ce numéro-là. »

Et il a tellement hâte de le faire qu’il pense déjà à ce moment pendant le spectacle.

« Je sais que j’ai 58 minutes à faire, puis qu’après ça, ça va être ce numéro-là. Fait que là, j’ai hâte d’arriver pour le livrer. »

Je vais donc me garder une petite gêne et surtout ne pas vous dévoiler le sujet. Parce que Philippe veut que le public découvre lui-même ce fameux numéro!

Sa participation à Sortez-moi d’ici! a également joué un rôle important dans cette nouvelle façon de voir la vie.

En plus de le sortir de sa zone de confort, il n’a plus peur des hauteurs. Mais ce n’est pas seulement cette peur qu’il a laissée derrière lui.

« Des fois, on est encrassé dans ce qu’on vit, dans ce qu’on a, dans nos patterns. Sortez-moi d’ici!, ça a été se casser en dedans et se briser en dedans. »

Après cette expérience, il a changé ses habitudes pour créer autrement. Cette volonté de sortir de sa zone de confort s’est également manifestée dans la création du spectacle.

Philippe travaille notamment avec Guillaume Lonergan, réalisateur de la série Empathie, qu’il connaissait depuis l’époque de Vrak la vie.

« Je suis allé le chercher. Il n’avait jamais fait de la scène, mais j’avais le goût d’aller le chercher justement pour voir c’est quoi sa vision, complètement différente. » Une collaboration qui lui a permis de « scraper » certaines de ses habitudes.

Pour Philippe, l’objectif premier d’un spectacle d’humour demeure toutefois très simple : faire du bien.

« Lyne, il faut que tu comprennes que les gens ne vont pas réfléchir à mon show, ils vont s’amuser. »

Puis il me lance une phrase qui lui ressemble parfaitement :

« Il y a assez de malheurs dans le monde! Alors pas question de compliquer les choses. Le public vient décrocher, rire et passer un bon moment.»

Après avoir « rodé » son spectacle quatre-vingts fois, Philippe affirme qu’Au sommet est maintenant officiellement prêt. Le spectacle dure environ 1 h 28.

Et comme toujours lorsqu’un humoriste crée un nouveau spectacle, Philippe affirme qu’il l’aime encore plus que le précédent parce qu’il y a une belle  évolution.

La grande première d’Au sommet aura lieu à Québec, à la salle Albert-Rousseau, le 13 octobre, avant un passage à Montréal le 27 octobre.

Philippe est particulièrement heureux de commencer sa tournée à Québec.

« Faire une première à Albert-Rousseau, c’est tellement une belle salle et  le monde de Québec est tellement willing! »

Et il n’hésite pas à vanter la réputation du public québécois et de l’humour d’ici.

Il y a 25 ans, Philippe aurait-il imaginé que sa carrière durerait aussi longtemps?

Il savait qu’il voulait devenir humoriste, mais il ne pouvait évidemment pas prévoir tout ce qui allait suivre.

« J’ai été éducateur spécialisé, mais j’avais vraiment dans la tête que mon avenir, c’était d’être humoriste. Les dix premières années, j’avais deux jobs. Je travaillais comme un fou. »

Et lorsqu’il regarde le chemin parcouru, il a de quoi être fier. Puis il revient sur l’enfant qu’il était.

«Le petit cul du Saguenay–Lac-Saint-Jean de quatre ans qui avait un TDAH, je peux te dire qu’il ne savait pas où il s’en allait en tabarnouche  »

Tout au long de notre conversation, une chose revient constamment : Philippe semble avoir atteint une nouvelle forme de liberté.

« Avec ce show-là, je me suis dit : je vais tout faire ce que j’ai envie de faire. Le lâcher-prise de la cinquantaine m’a emmené là. On dirait que je suis comme un nouvel homme. Avec l’âge, on apprend aussi à faire le ménage. Veux, veux pas, tu te poses la question : “J’ai-tu besoin de ça dans ma vie?” Non? Ben on tasse. »

Même après 25 ans de carrière, Philippe n’est pas complètement débarrassé du trac.

« Je suis nerveux cinq minutes avant. Pas juste à la première, mais à tous les shows, car c’est toujours un nouveau public. Puis les gens qui sont assis dans la salle, ils m’ont choisi. »

Une fois sur scène, cependant, il sait maintenant comment gérer cette nervosité.

Et la télé-réalité?

Après avoir vécu l’aventure de Sortez-moi d’ici!, je ne pouvais évidemment pas m’empêcher de lui demander s’il serait prêt à participer à une autre télé-réalité.

La réponse est oui… mais pas à n’importe laquelle.

Son expérience dans Sortez-moi d’ici! lui a cependant laissé quelque chose de précieux,   la certitude qu’il peut repousser ses propres limites.

Avant de terminer notre jasette, je lui ai demandé pourquoi les gens devraient venir voir Au sommet.

Sa réponse est sans détour, comme lui.

« Je pense qu’ils devraient venir me voir parce qu’ils vont passer un criss de bon moment. Ils vont rire et ils vont se reconnaître. »

Une chose est certaine : Philippe Laprise est toujours aussi sympathique, généreux et authentique. Il se livre comme un livre ouvert et, avec Au sommet, il semble avoir décidé de ne plus se mettre beaucoup de limites.

Ce cinquième spectacle est à la fois une célébration de ses 25 ans de carrière, une réflexion sur le chemin parcouru et une occasion de rire de tout ce qui compose sa vie.

Et surtout, il y a ce fameux dernier numéro de 30 minutes dont Philippe parle avec tellement d’enthousiasme qu’on ne peut qu’avoir envie de découvrir ce qu’il nous réserve.

Alors, rendez-vous le 13 octobre à la salle Albert-Rousseau pour la première.

Pour connaître toutes les dates de la tournée :

www.philippelaprise.com

Lyne LaRoche