Francine Ruel - 20 octobre 2026

La Colombe, le pigeon et moi
Une histoire tendre et touchante
Francine Ruel a décidé de remonter sur scène. Pas de n’importe quelle façon. C’est seule sur scène qu’elle nous offre un grand pan de sa vie avec La Colombe, le pigeon et moi. Cette folie lui a été proposée par le metteur en scène Marcel Pomerlo..
Ce mardi, elle foulait les planches de la Salle Octave-Crémazie du Grand théâtre devant les spectateurs de sa ville natale.
La Colombe, le pigeon et moi est un récit inspiré de deux de ses livres; Ma mère est un flamant rose et Mon père est un pigeon voyageur. La Colombe, le pigeon et moi, c’est Franchon, 7 ans qui tient la main de Francine, 77 ans. Ensemble, elles partent à la recherche du père envolé et de la mère au grand cœur, cette Colombe, courageuse.
Francine Ruel s’avance, toute vêtue de blanc, sur une belle scène aux éclairages rouges.
S’adressant au public en abattant le quatrième mur, on comprend immédiatement que l’auteur-interprète nous racontera une histoire, nous racontera son histoire.
Dans un récit chronologique nous irons à la rencontre de la petite Franchon, l’enfant qu’elle était. Le vide créé par le départ de son père, qui a quitté sa femme est ses 5 filles alors que la petite Francine n’avait que 8 ans, ne lui a laissée que des pages blanches. Des pages blanches qui lui laisseront toute la latitude d’écrire. Une citation de Tonino Benacquista apparaitra dans un cadre qui servira aussi à présenter photos d’époque et films. « Faute de réparer, écrire c’est rétablir. C’est rendre dicible ce que l’on pense, ce que l’on ressent. Ce que l’on est. Écrire c’est se venger ». « J’écris depuis 57 ans », ajoute-t-elle.
Mais la revanche sera douce pour celle qui a présenté son père et sa mère avec plein de tendresse malgré le trou béant que le paternel leur laissera.


Il parait que tout est dans tout. Dans sa tendre enfance, Francine Ruel habitait en haut de l’épicerie Pomerleau dans le quartier St-Sacrement à Québec. C’est à Marcel Pomerlo, fils des propriétaires de l’épicerie à qui elle a confié la mise en scène du spectacle. Cette mise en scène est efficace dans un beau décor en trois temps, où elle saura évoluer entre sa chambre, son pupitre et un fauteuil vide qui espérait le retour du paternel. La chambre, montée sur un podium un peu trop haut, aux poils de tapis trop long, compliquait les déplacements de l’actrice.
L’histoire des p’tites Ruel est touchante et bouleversante. Une mère forte qui a élevé ses cinq filles avec courage et détermination. Une mère qui partira beaucoup trop tôt à l’âge de 52 ans à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Un père souvent absent, le pigeon voyageur qui deviendra un père absent tout le temps.
Dans ce récit d’un pan de sa vie, Francine Ruel a fait le choix de traiter que de l’histoire de sa mère flamand rose qui se tenait sur une seule patte et qui leur a appris à se tenir debout, de son père et de l’immense vide laissé derrière lui et de ses quatre sœurs.
Francine Ruel, la lionne à la robe de chambre chaude, livre son histoire dans un ton qui est parfois un peu trop théâtrale, limitant notre incursion dans sa touchante histoire.
On se souvient qu’elle a coécrit la fameuse pièce Broue après que Michel Côté l’ait suppliée. « Dis oui, toutes les autres filles de Montréal ont dit non ». Elle est aussi une auteure prolifique, elle qui a écrit 17 livres. Son immense talent d’auteur transpire dans ce récit.
Elle est habilement retournée voir la petite fille qu’elle était. La Colombe, le pigeon et moi est un voyage entre ce qu’elle a vécu et ce qu’elle a compris, devant écrire la fin de l’histoire de ceux qui seront partis sans explications. La Colombe, le pigeon et moi, c’est une histoire touchante livrée avec toute la tendresse d’une petite fille qu’elle sera toujours restée. Une histoire de résilience.
La pièce se termine alors que Francine Ruel regarde un film qui la montre, dansant un tango aux bras de son père. Une danse qu’elle n’aura jamais pu danser.
Francine Ruel transportera son pigeon et sa colombe partout en province. Elle sera au Gesù de Montréal les 17 et 18 novembre, au Palace de Granby le 9 janvier, à l’Espace Théâtre Muni-Spec de Mont-Laurier le 17 janvier. Elle se rendra aussi au Centre des arts Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe le 7 mars et à la Salle Odyssée de Gatineau le 14 mars. Elle sera de retour dans la région au printemps prochain, plus précisément le 2 mai 2027 à l’Anglicane de Lévis avant de continuer sa route un peu partout en province.
Vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous au https://francineruel.ca/
Claude Gignac