Critiques de spectacles en 2019 - 18 février 2019

La Musique
Marc Dupré VÃ?©ronic Dicaire
       
L"HUMOUR
   
THÉÂTRE-CINÉMA
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Émilie Clepper - 16 février 2019

Émilie Clepper version 2.0

J’ai déjà assisté à quelques spectacles de cette jeune artiste émergeante depuis ses débuts. En avril 2014, lorsque j’ai eu le plaisir de revoir Émilie Clepper en spectacle, elle nous avait confié qu’elle en était à un dernier spectacle en sol québécois avant longtemps. Née d’une mère québécoise et d’un père Texan, la chanteuse qui a grandi dans la région de Québec, se préparait à aller vivre auprès de son père au pays de l’oncle Sam.

C’est avec un grand plaisir qu’on la retrouvait sur les planches du Théâtre du Petit Champlain ce samedi. Elle qui nous avait, dans les premières années, présenté quatre albums anglophones, venait maintenant nous présenter son nouvel enregistrement paru à l’automne dernier. Un produit cent pour cent francophone dont la réalisation a été confiée à Benoit Pinette mieux connu sous le nom de Tire le Coyote. Une alliance naturelle.

Moi qui étais fan de celle qui puisait son inspiration musicale dans les racines folks américaines, nous avait habitués à des textes écrits dans la langue de Shakespeare. Les textes ont cette fois, migrés vers la langue de Molière. Et quel beau voyage. Pour l’occasion, issu d’un projet de longue date, l’écriture a été confiée à son amie d’enfance, l’auteure Sara Garneau. De beaux textes qui collent parfaitement à la peau de la nouvelle Clepper.

La grande migration, c’est le passage de l’anglais vers le français. C’est un voyage intérieur. Une transformation qui nous donne une version 2.0 de la chanteuse. Dans un look plus mature, Émilie Clepper a choisi de mettre de côté sa guitare pour se concentrer sur la livraison des textes. Elle est passée d’une bonne auteure-compositrice à une interprète de grand talent. Dans une facture moderne, les magnifiques textes de Gaudreau, l’amènent autour de l’univers de Piaf et Barbara. La musique de Clepper est livrée par un excellent trio de musiciens (batterie, piano et contrebasse) occasionnellement appuyé par un chaleureux violon.

Tout au long de cette déroutante mais combien agréable retrouvaille, Émilie Clepper nous offrira l’ensemble de son nouveau projet, interagissant régulièrement avec son public pour habillement raconter la genèse de ses chansons qui nous font voyager de Limoilou à la Colombie-Britannique. Du plus loin jusqu’au cœur d’elle-même. Les grands vents, Sur la route, Fous de bassan et Désert blanc retiennent l’attention mais ce qui retient d’avantage l’attention, c’est la beauté de l’ensemble du projet. Afin de compléter cette immersion francophone, elle a interprété, avec la complicité de Vincent Gagnon au piano, un très beau texte de Clémence Desrochers, popularisé par Pauline Julien qu’elle avait interprété lors d’un récent passage à l’émission Belle et Bum.

Je vous invite à venir découvrir ou redécouvrir Émilie Clepper qui sera à Montréal et Sherbrooke en mars avant de revenir à Lévis pour se produire à l’Anglicane le 13 avril. Vous pouvez la suivre en consultant le emilieclepper.ca

Claude Gignac




Daran - 09 février 2019

Daran, Un retour aux sources

Après un album intimiste où il a baladé son spectacle, seul à la guitare et à l’harmonica à plus de deux-cent reprises, Daran est revenu à ses anciennes amours en nous présentant un album au son résolument plus rock. Endorphine, son 10e enregistrement, s’apparente beaucoup plus à ses premiers disques alors qu’il évoluait avec Les chaises.

Encore une fois, la plume agile de son fidèle collaborateur Pierre-Yves Lebert, dont les textes sont aussi revendicateurs, habille la musique de Daran. Personnellement, j’ai trouvé Endorphine en deçà de ses derniers albums que j’ai écoutés et que j’écoute encore à répétitions. Des pièces où il y avait une place pour chaque note, une place pour chaque mot.

Dans la belle salle du Théâtre du Petit Champlain, une de ses préférées, Daran est resté fidèle à ses habitudes samedi soir. Il a consacré la première partie de son récital à l’intégrité de l’album Endorphine. Afin de s’approcher le plus fidèlement possible du disque, Daran a choisi d’incorporer des enregistrements (play back) au spectacle, ceux-ci servant souvent de lien et d’introduction. On peut se questionner sur ce choix, lui qui était très bien entouré sur scène par trois très bons musiciens dont l’excellent André Papanicolaou. Le spectacle m’aura permis d’apprécier d’avantage Endorphine dont la puissance trouve toute sa place en directe. Après l’ouverture avec l’atmosphérique Dure à cuir et la douce Elle dit, le rock a pris son envol avec Pauvre ça rime à rien. Halima, Tout tout seul, Une plage sans chien et Ici… Les guitares électriques chargées à bloc rempliront les haut-parleurs, grâce à la grande dextérité de Daran et Papanicolaou.

Pour la seconde partie, enchainée sans intermission, Daran a pigé dans sa discographie sans toutefois détonner. La sélection s’est majoritairement constituée de pièces plus rock de son répertoire. Il aura malgré tout, réussi à inclure adroitement L’exile de son précédent album, revisitée pour permettre à ses complices de s’exprimer.

Dans un court rappel, Daran terminera la soirée en beauté. Accompagné de Papanicolaou à la guitare et à la voix il s’assoira sur un moniteur de son, à l’avant-scène, pour nous livrer la très belle version d’Une sorte d’église. Un beau moment.

A mon sens, Endorphine n’est peut-être pas le meilleur spectacle de Daran auquel j’ai assisté. Il aura cependant, comme toujours, été l’occasion d’apprécier son immense talent et sa voix toujours aussi puissante. Il n’aura pu quitter la scène sans entendre un « On t’aime Daran » lancé par un fan.

La jeune auteure-compositrice interprète de St-Agapit Alicia Deschênes est venue ouvrir la soirée avec les pièces de son tout nouveau disque produit par Daran. La jeune femme un peu timide a suscité l’intérêt du public grâce à sa folk douce et introspective. Elle aura l’opportunité de défendre son matériel en mai prochain, cette fois en tête d’affiche, toujours sur cette même scène.

Vous pouvez suivre Daran en consultant son site au www.daran.ca

Claude Gignac




Laurel et Hardy - 06 février 2019

6 février

 

2019

LAUREL ET HARDY

De Patrice Dubois et Luc Michaud

Salle Albert-Rousseau

Ludique, rocambolesque et touchant.

C’est l’histoire de 2 monstres sacrés de l’humour des années 20, 30 40 et 50. Le premier duo comique. Mais c’est aussi l’histoire d’une grande amitié entre 2 hommes.

Cette pièce est un mélange de cours didactique, de comédie musicale et de théâtre. Beaucoup d’énergie : c’est un feu roulant de chansons, de scènes comiques et de belles chorégraphies. Ils reproduisent sur scène des numéros véridiques de Laurel et Hardy et même une scène mythique d’un film. Louis Champagne et André Robitaille forment un duo d’enfer. Ils portent la pièce à bout de bras. L’énergie qu’ils déploient est impressionnante. Même dans les moments plus calmes, les situations tournent au burlesque. Un diner entre amis devient une suite de situations cocasses.

La mise en scène de Normand Chouinard et de Carl Béchard est réglée au quart de tour. Il n’y a pas beaucoup de place pour l’improvisation. Certaines scènes déclenchent des applaudissements et d’autres le rire. Tous les autres acteurs tirent leur épingle du jeu surtout Brigitte Lafleur en improbable femme russe de Stanley Laurel est un délice. Myriam Leblanc se change comme un caméléon dans de multiples personnages.

La musique est un personnage à part entière. Elle est entrainante : charleston, jazz et musique des années 30 et 40. Leur chanson thème rappelle à de nombreuses personnes des souvenirs car tout le monde a entendu au moins une fois : C’est moi Laurel, c’est toi Hardy, c’est toi le gros et moi le petit….

Une pièce à voir pour connaitre une partie de l’histoire de l’humour. Ce duo a inspiré plusieurs générations d’humoristes et fait rire les gens sur les 5 continents. Et au-delà de la didactique, cette pièce nous amuse, nous touche et nous fait passer un bon moment.

Avec André Robitaille, Louis Champagne, Bernard Fortin, Stéphane Archambault, Brigitte Lafleur, Myriam Leblanc, Alexandre Bergeron, Martin Héroux et Marie-Ève Soulard-La Ferrière.

La pièce est à la salle Albert Rousseau jusqu’au 9 février 2019.

www.sallealbertrouseau.com

Louiselle LaVoie




Bilan - 05 février 2019

5 février 2019

Bilan

L’explosion d’une famille

Marcel Dubé a fait partie de plusieurs de nos dimanches soir à la télévision de Radio-Canada. C’est en 1960, dans l’émission Le Téléthéâtre de Radio-Canada que Bilan voie le jour avec Janine Sutto et Jean Duceppe qui incarnent le couple Larose. Huit ans plus tard, elle est présentée sur les planches du TNM. Aujourd’hui, c’est sur les planches de la salle Albert-Rousseau que nous la redécouvrons.

C'est la fête chez William Larose. Homme d'affaires prospère, perpétuellement enivré de sa propre puissance, il célèbre ce soir-là son entrée en politique comme organisateur des Bleus, alors que «l'équipe du tonnerre » de Jean Lesage vient tout juste de prendre le pouvoir. Mais au cours de cette soirée destinée à célébrer son accession au sommet de la pyramide sociale, il réalise peu à peu que son ascendance sur son épouse, sur ses enfants, son entreprise, en fait, sur sa propre vie, s'est effritée et qu'il ne comprend rien au monde nouveau qu'il n'a pas vu se mettre en place autour de lui.

Vous aurez deviné, la matière première des textes de Marcel Dubé était le drame ; l’espérance d’émancipation de la femme, le goût de liberté et d’indépendance des enfants, la déchéance morale dans la quête insatiable de pouvoir et d’argent.

Dans cette pièce, nous retrouvons des hommes d’affaires magouilleurs, des maris dominants, autoritaires, même violents, des femmes en quête d’indépendance et des enfants trop gâtés. La distribution est impressionnante et leurs performances remarquables. Sylvie Léonard et Guy Jodoin, les deux têtes d’affiche incarnent magnifiquement un couple à l’aube de l’éclatement.

La mise en scène de Benoît Bermeulen nous offre sur des panneaux-écrans situés au-dessus du décor et en arrière-plan, plusieurs clins d’œil aux téléthéâtres et aux Beaux Dimanches. Henri Bergeron, Janine Sutto y apparaitront ainsi que des gros plans des comédiens.

Les costumes d’une grande élégance sont magnifiques et nombreux.

Pour un retour aux années 60 garantie. Un classique de Marcel Dubé.

Avec Christine Beaulieu, Joseph Bellerose, Philippe Cousineau, Mickaël Gouin, Rachel Graton, Guy Jodoin, Sylvie Léonard, Marie-Ève Milot, Jonathan Morier, Jean-Philippe Perras, Mathieu Quesnel etDenis Trudel.

www.sallealbertrousseau.com

www.tnm.qc.ca/bilan

Louiselle LaVoie